Le MFAO :Guinée ou Togo...la lutte doit être sans compromission !
Après le carnage de Conakry perpétré par les militaires qui, non contents de tirer à balles réelles et à bout portant sur les manifestants pacifiques , se sont aussi livrés à des viols et autres actes de barbarie, voici les remèdes, prescrits par nos docteurs habituels des crises en Afrique et dans le monde : l'Union africaine condamne, la Cedeao condamne, le Conseil de Sécurité condamne, l'Union Européenne étudie les sanctions à prendre, la France, “ancienne puissance coloniale”, suspend sa coopération militaire...Et puis quoi?
Ces puissances et organisations africaines et internationales ont déjà, toutes préparées, toutes faites et vite servies, ces condamnations, ces suspensions, ces sanctions du bout des lèvres, non plutôt du bout des papiers que nous connaissons depuis les années 60 au moins, c'est-à-dire depuis cinquante ans d'existence, simplement théorique de nos États souverains. Je me demande, quand j'entends ce genre de réactions après un coup du même genre : quelle ONU ?
Celle qui s'est montrée parfaitement incapable de changer quoi que ce soit à l'Histoire de notre siècle dans les cas de conflit ou de violation des droits de l’Homme et des peuples?
Quelle Union Africaine (et avant l'UA, quelle OUA) ? Celle des chefs d'État que préoccupent avant tout la conservation et la consolidation de leur propre pouvoir ?
Qui modifient les constitutions, perpètrent des coups de force militaires ou constitutionnels, des fraudes électorales, qui volent au secours les uns des autres dans ce but, qui remplacent la République par une monarchie héréditaire parfois même de manière non voilée ?
Celle qui, au lendemain de la mort d'Eyadema avait d'abord condamné le coup d'Etat perpétré par les généraux togolais soucieux de préserver leurs propres intérêts en installant son fils Faure au pouvoir?
Celle qui condamne toujours d'abord les coups d'État avant de les accepter comme des faits accomplis en conseillant à leurs auteurs de se faire élire par des élections gagnées d'avance?
Du moment que ça ne coûte rien à personne de condamner ! Qui est encore assez naïf pour croire que ces condamnations aient quelque sens que ce soit ?
Quelle France, celle qui tire dans l'ombre les ficelles de la Françafrique et tout particulièrement de ce que l'on appelle les anciennes colonies françaises, euphémisme pour dire simplement pays encore sous la dépendance de la France ?
Quelle Union européenne ? Celle qui n'écoute que ses intérêts, cyniquement, lorsqu'il s'agit des pays dont les peuples en réalité n'ont pas les mêmes valeurs, à ses yeux, que les siens propres, le même droit à la vie et à une vie de dignité ?
Que l'on ne nous raconte pas des histoires ! Tenez ! En avril 2005, au lendemain de la mascarade tragique grâce à laquelle Faure Gnassingbé a pris le pouvoir au Togo, le Parlement européen avait voté une résolution condamnant les massacres qui avaient fait, selon le rapport d'une commission d'enquête de l'ONU 500 morts, et selon la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme 2000 morts ?
Mais, le pouvoir togolais actuel, issu de cette tragédie n'est-il pas reconnu par tous les pays de l'Union européenne ? Faure Gnassingbé n'est-il pas reçu comme un chef d'Etat “légitime” par les autorités de tous ces pays ? J'avais écrit à l'époque “Il faut arrêter la bande à Gnassingbé”. Dans les réactions, à la suite de la publication de mon article sur Diastode, quelqu'un avait demandé, “Comment l'arrêter ?”
Oui, je repose à mon tour la question à toutes les consciences, togolaises et internationales : comment arrêter la bande à Dadis, puisqu'on n'avait pas arrêté la bande à Gnassingbé?
Puisqu'on n'a jamais songé à arrêter la bande à Sassou Ngesso, la bande à Tandja...et avant cela, la bande à Compaoré, dont le rôle dans l'assassinat de Thomas Sankara en 1987 n’est pas encore élucidé jusqu’à ce jour ?
La caractéristique principale de ces bandes et leur argument pour justifier leur conservation du pouvoir ainsi que leur promptitude à récidiver, c'est, bien sûr, qu'ils détiennent la force et qu'ils savent que les condamnations extérieures ne sont faites que du bout des lèvres.
Mais, le plus grave, c'est qu'ils trouvent des hommes et des femmes dans leurs propres pays respectifs, prêts à les servir directement ou sous un prétexte quelconque. Je me demande, demandons-nous où serait Faure Gnassingbé si un Togolais d’une grande notoriété n'était pas allé lui donner l'accolade à Abuja après que les militaires avaient volé les urnes dans les bureaux de vote sous le regard stupéfait des observateurs du monde entier, au moment où l'on tirait sur des populations civiles à bord d'hélicoptères de l'armée togolaise, au moment où l'on tailladait des manifestants à la machette...au moment où le sang coulait à flot au Togo, au moment où des citoyens togolais, dans la débandade, avec ou sans bagages, à travers forêts et eaux, marécages et monts, fuyaient vers les pays voisins ?
Cette accolade, il l'aurait donnée à l'assassin lui-même, dans d'autres circonstances que nous l'aurions considérée comme un geste de pardon magnanime, d'une grande âme humaine. Un geste national qui viendrait sceller la réconciliation du Togo avec lui-même, l'unité retrouvée du peuple togolais. Et ce n'est pas à Abuja que cela se passerait, ni à Rome, ni ailleurs dans le monde, mais sur le sol togolais qui a entendu les cris d'agonie des victimes, qui a bu leur sang, sol dans lequel dorment certaines d'entre elles. Dorment-elles en paix ?
C'est une autre question. Mais là, à Abuja, s’était déroulé un acte politique que rien ne justifiait, qui était d'une extrême gravité, qui engageait non seulement tous les Togolais vivants, mais aussi la mémoire des morts que l'on devait respecter, un acte qui, inconsciemment peut-être, autorisait d'autres assassinats politiques : nous avons l'exemple du meurtre d'Atsutsé Agbobli. Gilchrist Olympio, puisqu'il s'agit de lui, n'était pas investi du pouvoir du peuple togolais souverain pour accomplir un tel geste.
Où serait Faure Gnassingbé si quelqu'un, un Togolais que l’on devrait pourtant respecter comme un digne fils de l’Afrique, éhonté, qui mérite juste aujourd’hui d’être classé dans la catégorie des “adowuinon” (traduisez par affamés ou gourmands, si vous voulez) ne s'était pas présenté à lui pour lui quémander le poste de premier ministre ?
Où serait-il si une bande ne s'était pas précipitée pour concocter un plat insipide APG et le lui faire déguster dans l'espoir qu'une fois rassasié, satisfait, ou plutôt bourré de ce mets (cela lui suffit), Gnassingbé l'installera à son tour à table pour partager le gâteau national ?
Où serait-il si des hommes que l'on peut dire éminents, professeurs, maîtres, docteurs... oubliant leur éminence, leurs titres, leur savoir, leur intelligence... ne s'étaient pas livrés à ce jeu d'enfants connu sous le nom de kanigbégbé dans lequel on fait miroiter un objet aux yeux de ceux qui le convoitent, avant de le lancer en l'air pour le plaisir de les voir se bousculer, se piétiner, se culbuter, se bagarrer, se blesser pour l'attraper au vol, ou pour en ramasser les plus gros morceaux que l'on peut, une fois qu'il est tombé et les avaler même couverts de boue et de saleté de toute sorte ?
Oui, où seraient Faure Gnassingbé et sa bande ? En exil, peut-être ? Ou en prison, parfaitement en prison pour répondre des crimes que le peuple togolais est en droit de leur reprocher. En prison avec Kpatcha Gnassingbé, le général de l'armée des machettes. En prison, Faure Gnassingbé en compagnie de tous ceux, hommes et femmes en uniforme, en robe, en pagne, en toge, qui ont volé des urnes, organisé la fraude, proclamé de faux résultats...
Mais, voilà qu'il se trouve à la Présidence de la République, confortablement installé dans le fauteuil de son père. Et ses complices, naturellement, occupent les plus hauts postes dans le gouvernement, les institutions de l’État... En Guinée, après ses crimes, le minable capitaine, bouffon macabre, Celui-Qui-A-Tué-Deux-Cents-Hommes-Femmes-Et-Enfants-Et-Fait-Deux-Mille-Blessés a présenté encore son show grimaçant aux yeux d'un monde incrédule. Il a demandé que mercredi et jeudi soient journées de deuil national et que vendredi et dimanche, musulmans et chrétiens, crétins pharisiens prient pour la paix, l'amour, l'unité...t out le prêchi-prêcha qu'on connaît.
C’est trop facile. Deuil pour tenter d’enterrer sa propre peur d’un nouveau mouvement de révolte. Bientôt, dans cette hantise, il va créer une Commission Vérité-Justice-et-Réconciliation et y nommer des prêtres, des imams, des pasteurs, des évêques, des talibés, des charlatans, des ayatollahs, alléluia ! Et il pourra se frotter les mains, se laver les mains à la Ponce Pilate : la messe est dite !
Mais, on peut se demander ce qui arriverait si prêtres, imams et fidèles, alors pas du tout crétins, pas du tout pharisiens, refusaient de participer à cette messe du crime, du mensonge, du vol, des viols, de l’absence de conscience humaine ?
Cette messe contre la conscience, contre la vérité, contre le vrai sens de la nation. Dadis a aussi évoqué la venue possible d'une commission d'enquête indépendante de l'ONU pour faire la lumière sur les crimes et promis de punir les coupables.
L'exemple togolais entre autres l'a bien édifié sur la suite que l'ONU et la communauté internationale donnent à ce genre d'enquête. L’exemple togolais et même l’exemple burkinabé le réconfortent. Il n'a donc aucune raison de s'inquiéter à ce sujet : si personne n'a traduit devant un tribunal ceux qui, au Togo avaient massacré 500 hommes et femmes, ce n'est pas en Guinée que l'on irait inquiéter ceux qui n'en n’ont tué que 167. Passée la peur de perdre le pouvoir, Dadis pourra même dire avec un parfait sang-froid : nous n’en avons tué que 167, alors qu’ailleurs, au Togo par exemple... Je n’invente rien. Je ne caricature pas. Je ne fais pas de la fiction. C’est la pure réalité.
J’ai déjà entendu, le 24 janvier 93, de la bouche des militaires qui avaient réprimé dans le sang une manifestation de l’opposition togolaise, au Fréau Jardin, à Lomé, des “blagues” du même genre : “Combien tu en as tué, toi ? Cinq ! Rien que cinq ? Tu ne vaux rien, toi. Moi j’en ai zigouillé dix !” Pareil, le 31 janvier 93, pareil du 28 novembre au 3 décembre 92. Des hommes fiers de leur butin ! Aklassou(ou aklasu), vautours, mangeurs de cadavres ! C’est ainsi qu’on les appelle.
L'impunité, bien sûr, garantie en Guinée comme au Togo, comme ailleurs encore en Afrique, les encourage à commettre ces atrocités et à tenir ensuite ces propos. Pour plaisanter. En triomphateurs. Et pourquoi ne triompheraient-ils pas, du moment que c'est sur ordre du pouvoir et en faveur du pouvoir que ces crimes sont commis, puisque le but est atteint, le pouvoir sauvé, consolidé ?
On prend les Africains, non seulement pour des lapins que l’on tire, mais aussi pour de vrais moutons que l’on embroche. Dadis, Ubu roi de Guinée, comme le baptise à juste titre le journaliste français Vincent Hugeux , pleure à l’hôpital auprès des blessés, mais surtout devant les caméras de télévision : “Hihihi… je suis désolé...je suis dans le dilemme... Ce n’est pas moi... je ne contrôle pas l’armée...”
On en a entendu d’autres : “Ce n’est pas moi (Eyadema) ce sont des éléments incontrôlés de l’armée...”. Mais, alors, qu’on nous dresse la liste de ces éléments incontrôlés, qu’on nous les fasse connaître... Cette défense contient en même temps une menace : “Si vous manifestez encore, je lâche sur vous mes éléments incontrôlés de l’armée.” On continue à prendre les Africains pour des cons, parce qu'ils vont à ces mascarades, faites pour accorder l'impunité aux criminels, ces messes célébrées pour bénir le crime.
Et, à l'extérieur de l'Afrique, encore une fois, tous les qualificatifs les plus délirants, les plus humiliants, les plus blessants pour nos peuples sont possibles. Les raccourcis les plus invraisemblables aussi. C'est ainsi que j'ai pu lire : “Guinée maudite” (LE MONDE du 30.09.09). Elle est maudite pour les Guinéens à cause des pantins tragiques et dangereux comme ce Dadis, mais elle n'est pas maudite pour ses richesses du sous-sol, en particulier sa bauxite que convoite l'Occident exploiteur.
Si Dadis arrive à se maintenir, malgré ses crimes, malgré ses frasques burlesques, et surtout, s’il se montre gentil, il y aura toujours des gens, comme le Conseiller spécial de Sarkozy, Claude Guéant qui avait reçu ses émissaires après son coup d'Etat en décembre 2008, pour le bénir. Il y aura toujours des gens pour le couronner roi, ou même empereur, comme Bokassa (il avait des diamants et était gentil). Il y aura des gens pour asseoir sa dynastie en Guinée comme celle des Gnassingbé au Togo, celle des Bongo au Gabon... (Ce sont des poules bien gentilles qui pondent de bons œufs). La Guinée maudite n'est pas maudite pour les nombreux Européens qui sont en relation d'affaires avec ses dirigeants et le seront toujours, qui que soient ces derniers. Pas maudite pour Bolloré, l'ami de Sarkozy qui lorgne les installations portuaires de Conakry.
La Guinée maudite, nous dit-on, depuis 1958 ! Là, ce n'est pas un raccourci simple. C’est plus complexe que ça. Ça sent le règlement de compte avec la mémoire de Sékou Touré qui avait administré un cinglant camouflet à de Gaulle, par le “Non” au référendum du 28 septembre 1958.
L'amalgame dans une analyse entre les “règnes” du grand Sékou Touré, de l'autiste Lansana Conté et du bouffon Dadis est simplement ridicule. Il n'y a rien de commun entre le rôle minable joué par ces deux derniers et le prestige dont jouissait Sékou Touré en Afrique, même si la hantise du complot lui a fait perdre la tête et commettre des actes regrettables quelques années après sa prise de pouvoir et dans l'ambiance de harcèlement où l'avait jeté la haine de De Gaulle. Personne n'oublie les représailles de la France contre le leader guinéen. J’ai bien écrit haine de De Gaulle qui ne pouvait pas supporter l’idée qu’un ancien colonisé se dresse en face de lui pour lui dire non, alors que tous les autres courbaient l’échine. Un colonisé parce qu'un être inférieur et un être inférieur parce que colonisé. Tel est le syllogisme.
Est-on sûr aujourd’hui que le sort des pays qui avaient dit oui à l’Union Française de De Gaulle soit meilleur que celui de la Guinée qui avait dit non ? Meilleur du Sénégal au Tchad, de la Centrafrique (ancien Oubangui-Chari) au Burkina (ancienne Haute-Volta), du Bénin (ancien Dahomey) au Congo-Brazza (ancien Congo français), du Cameroun au Mali (ancien Soudan français) ?
Je n’ai pas mentionné le Togo, parce que ce territoire sous tutelle de l’ONU, dont l’administration était confiée à la France avait dit non, à sa manière, n’étant pas alors concerné par le référendum, bien que des Togolais du Parti du Progrès aient milité pour l’entrée de ce pays dans l’Union française. Le Togo avait dit non le 27 avril 1958, victoire sur le colonialisme, tout aussi impardonnable que le non de Sékou Touré. Cinq ans plus tard, les représailles étaient au rendez-vous : l’assassinat de celui qui était à la tête du “Non” togolais, Sylvanus Olympio. Sékou Touré était le seul chef d'État africain à avoir condamné avec force cet assassinat téléguidé par la France, le seul à n'avoir pas hésité un seul instant à traiter d'assassins les auteurs du coup d'État, la bande à Étienne Gnassingbé Eyadema.
L'histoire de l'Afrique aurait-elle été la même si tous les chefs d'État avaient unanimement condamné fermement ce coup d'État sanglant, le premier en Afrique ? Ceux qui avaient dit oui et ceux qui avaient dit non se retrouvent presque tous au même niveau de misère aujourd’hui. Et si tous avaient dit non, un non puissant et avaient créé une unité réelle sur les plans politique et économique ? Guinée maudite depuis 1958, comme la Côte d'Ivoire de Gbagbo, maudite seulement quand le président ivoirien s'est opposé à la volonté de Chirac.
Le Togo des Gnassingbé, père et fils n'a jamais été maudit, malgré le long règne dictatorial, malgré les massacres, malgré la misère. Le Gabon des Bongo, père et fils n'a jamais été maudit, malgré la misère dans laquelle vit le peuple gabonais. “Le poulailler sent mauvais, mais les œufs sont bons”, dit un proverbe togolais. On dit encore que “celui mange les œufs se moque de savoir que la poule a mal à son c…pendant la ponte”.
Mais, au fond, ils ont des raisons de le faire, ceux qui maudissent nos pays. Et comment nos pays ne seraient-ils pas traités de maudits lorsque nous maudissons nous-mêmes nos symboles les plus précieux ?
C'est au stade du 28-Septembre, baptisé donc en mémoire de ce non historique, que la soldatesque de Dadis a versé le sang des citoyens guinéens et commis les pires actes de barbarie de l'histoire de ce pays. Ce sont toutes les aspirations de nos peuples à la liberté et à la dignité qui sont bafouées, piétinées, ensanglantées, violées. C'est au point que Vincent Hugeux a pu intituler son article sur l’événement “Implacable ironie de l'histoire : le carnage de Konakry”.
Combien de Togolais n’ont pas eu mal de cette ironie de l’histoire, quand le 27 avril 2005, après la mascarade, les tueries, le renversement des valeurs togolaises, la mise à genoux du peuple togolais, de vils criminels proclamaient la victoire de leur chef, Faure Gnassingbé ?
N’a-t-il pas lui-même déclaré dans l’avion qui le ramenait d’Abuja à Lomé : “Je vole de victoire en victoire” ? Et qui est responsable de cette chose abominable ?
Nous devons faire attention. Au Togo, l'homme qui porte le nom du plus prestigieux des Togolais doit comprendre la responsabilité qui repose sur ses épaules à cause de ce nom. Et l'acte le plus regrettable qu'il ait jamais commis, l'acte qui nous met aujourd'hui dans cette situation, c'est d'avoir donné l'accolade au fils de l'assassin de son père et assassin lui-même, pour prendre le pouvoir après son père.
Le jeu de kanigbégbé continue pour les Togolais, tantôt autour de Faure Gnassigbé, tantôt autour de Blaise Compaoré, visant le même objectif qui est de les diviser, de semer la zizanie parmi eux. Comment nos éminences, professeurs, maîtres, grands lettrés etc. ne le comprennent-ils pas ? Comment ne comprennent-ils pas que la lutte pour aboutir doit être menée par le peuple et pour le peuple qui doit comme un seul homme, sans compromission, sans concession aucune, dire non à la dictature, non à ceux qui pour défendre leurs intérêts personnels soutiennent les dictateurs ? Comme Sékou Touré avait dit non à De Gaulle. Comme le peuple togolais avec Sylvanus Olympio avait dit non au colonialisme français. Comme Lumumba avait dit non au colonialisme belge. Comme Sankara voulait dire non à l’impérialisme. Et comment nos peuples diraient-ils non d’une seule voix si ceux qui devaient les mobiliser, les unir, s’amusent au jeu de kanigbégbé, pour des miettes?
Voici la réponse d’un responsable de l’opposition guinéenne, François Fall, ancien Premier ministre, à Dadis qui propose la formation d’un gouvernement dit d’union nationale, comme nous en avons connu plusieurs au Togo, d’après un scénario devenu classique : “L'opposition refuse d'intégrer un gouvernement d'union nationale, tel que proposé hier par Dadis Camara, car nous ne voulons rien avoir à faire avec lui” .
J’ose croire que c’est une réponse à la Sékou Touré. J’ose espérer que beaucoup de nos partis d’opposition, sur le continent, imiteront cet exemple. J’ose surtout souhaiter que nos opposants togolais, qui n’avaient pas su adopter une telle position au lendemain des massacres d’avril 2005, se réveilleront et, honnêtes désormais avec eux-mêmes, reconnaîtront leurs fautes, s’en repentiront et prendront la résolution de ne plus tomber dans le piège de la fausse union.
Dire non aux fausses négociations, aux faux accords, aux fausses sollicitations aux faux facilitateurs..., j’avoue que ce n’est pas le chemin le plus rapide ni le plus facile. Mais nous devons nous y engager si nous voulons parvenir à la vraie démocratie et au vrai bonheur de nos peuples.
Sénouvo Agbota Zinsou
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