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Mardi, 7 Septembre 2010
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Rencontre de la Coordination du MFAO Paris, 27-29 Février 2009, Synthèse & Résolution




Les 27, 28 et 29 février 2009, s’est tenue à Paris une rencontre de travail de la coordination provisoire du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO), élargie à des personnes-ressources et acteurs politiques et sociaux venus d’Allemagne et du Canada, et sous la direction du professeur Emmanuel Gu-Konu (Coordonnateur Provisoire du MFAO) entouré de ses proches collaborateurs. L'objectif principal de la Réunion était d'examiner les conditions de lancement du Mouvement.

I- Après avoir fait la genèse du Mouvement et brossé un tableau de son développement, le Coordonnateur Provisoire, le prof. Emmanuel Gu-Konu, a rappelé que depuis 1992, la CDPA-BT incitait la classe politique d’opposition à revoir l’orientation qu’elle donnait à la lutte et à constituer une Force Alternative d’Opposition (FAO). L’idée de la FAO a conduit à la nécessité de la concrétiser par un mouvement, le MFAO. Les initiateurs du Mouvement ont fondé la nécessité du Mouvement sur une analyse de la situation sociopolitique du Togo présentée dans un document intitulé le Document MFAO.

1- Les participants à la rencontre ont eu des échanges approfondis sur la situation politique, sociale et économique au Togo. Force leur a été de constater que cette situation est caractérisée par une perte de jour en jour plus grande des valeurs républicaines, voire des valeurs tout court.
Il en résulte un état de désolation généralisée, état douloureux pour les citoyens et comparable à une plaie gangréneuse facile à déceler que le système en place depuis plus de quarante ans, loin de panser, cherche plutôt à cacher sous des faux-semblants, des dehors de pratique démocratique, des manoeuvres politiciennes, que nous connaissons:

a- les semblants d'élection en 2005 et en 2007,
b- la signature de l'Accord Politique Global (APG) qui n'a jamais reçu l'aval du peuple togolais et ne peut donc pas remplacer les textes constitutionnels votés par voie de référendum, cet APG dont certains articles sont déjà régulièrement violés par les tenants du RPT chaque fois que leurs intérêts le leur commandent,
c- l'existence d'une Assemblée Nationale entièrement aux mains du pouvoir RPT,
d- les prétendues reformes institutionnelles et constitutionnelles qui n'ont d'autre but que le renforcement du système RPT, contre la volonté du peuple togolais souverain.

2- Les participants à la rencontre ont noté avec un amer sentiment d'insatisfaction, et même de déception, les différentes réactions, timides et ambiguës, de certains responsables politiques de l'opposition face à ces manœuvres.

3- Ils ont pris conscience que nous nous acheminons dangereusement vers l'échéance de 2010 qui peut, avec l'élection présidentielle prévue, installer dans notre pays, le Togo, pour des décennies, voire de manière définitive le régime foncièrement antidémocratique et antirépublicain qu'a toujours été et que veut demeurer l'État RPT, en se livrant à ces manoeuvres que nous lui connaissons déjà.

4- Ils ont aussi constaté que plusieurs patriotes togolais, tant de l'intérieur que de l'extérieur du pays se lèvent et tentent, tant bien que mal, de trouver le remède à cette situation de désolation qui nous tourmente et qui risque de s'aggraver après 2010,

5- Mais ils tiennent à relever que la multiplication habituelle et actuelle d’initiatives et d’associations sur la scène politique et sociale n’est pas la meilleure façon de chercher des solutions à la grave situation du Togo, et y voient plutôt un besoin urgent de concertation au sein du grand mouvement démocratique pour harmoniser les vues, les projets et les stratégies autour de l’objectif minimal national inaliénable et convenable pour tous, celui de la libération-démocratisation-refondation du pays, et partager le travail à faire pour réaliser cet objectif commun.

Toujours sur ce même aspect organisationnel, et face au danger d’éparpillement des ressources et à la confusion que cette multiplication d’initiatives et de dénominations fait peser sur l’avenir de la lutte, les participants à la rencontre ont reconnu que l’idée d’une synergie des forces de l’opposition constitue le fondement même du projet MFAO, et se sont réjouis de ce que déjà en juin 2008, le prof. Gu-Konu ait mis un accent particulier là-dessus, tel que relevé lors d’une interview par le journal Golfe Info publiée sur togocity.com le 1er octobre 2008 et en ces termes :

« 1- Golfe Info : M. Emmanuel Gu-Konu, lors de la toute première conférence de presse de la CDPA-BT le 10 juin dernier, vous avez appelé à une synergie des forces de l’opposition à travers la création du MFAO (Mouvement de la Force Alternative de l’opposition). Où en êtes-vous aujourd’hui avec cette initiative ?

EGK : Pour ne rien vous cacher, nous avons organisé cette conférence de presse dans le cadre de notre campagne pour le Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (le MFAO). Dès 1992 déjà, pendant que d’autres partis se sont lancés dans une pré campagne pour les présidentielles de 1993, chacun de son côté, la CDPA-BT avait estimé que les partis d’opposition devaient se consacrer en priorité à l’organisation de la population pour la mettre en mesure de s’impliquer massivement et activement dans la lutte politique, et le faire en toute connaissance de cause.

Et nous avons estimé qu’ils devaient aussi, et surtout, travailler ensemble sur la base d’un programme minimum commun pour faire émerger de la masse des opposants une force politique bien organisée et capable, grâce à cette bonne organisation, de faire pression sur le régime aux moments cruciaux de la lutte pour la démocratisation du système politique.

Pour aller dans ce sens, nous avions ainsi, dès ce moment déjà, proposé aux autres partis un document dénommé « la charte d’alliance ». Depuis 2002, nous avons intensifié la campagne pour le MFAO en sollicitant tout le monde, en particulier les partis d’opposition, par des écrits, des rencontres, des appels. Nous avons toujours rencontré silence et dérision. Et nous avons toujours paru comme un parti « qui ne veut pas le pouvoir » !...

Nous avons la conviction que, tant qu’il n’existera pas derrière les partis d’opposition un vaste mouvement, uni, bien structuré et fort, l’opposition togolaise prise globalement ne sera jamais vraiment crédible. Et les chances de venir à bout du régime seront toujours minces et aléatoires. »

II- À l’issue des travaux, les participants ont d’abord tenu à réaffirmer les objectifs prioritaires du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) :

1- Se constituer comme un cadre où tous ceux qui veulent une alternative à l’évolution politique actuelle (individus, organisations associatives, syndicats, partis politiques alliés…) peuvent se retrouver, afin d’agir ensemble pour donner plus de cohérence et plus d’efficacité à la lutte pour la démocratie.

2- Fédérer les forces démocratiques dans une alliance nationale et patriotique pour l’aboutissement de la lutte.

3- Être un cadre permanent pour la mobilisation et l’engagement des populations dans les efforts de refondation et de développement du pays.

4- Jouer un rôle prépondérant dans l’orientation des choix des électeurs lors du scrutin présidentiel de 2010, et se battre pour empêcher le régime illégal et dictatorial de voler la victoire des populations.

5- Se maintenir au-delà de 2010 pour deux raisons :
a- Continuer d’exercer sa pression sur l’évolution de la situation politique pour
Permettre le changement démocratique, si le régime et son parti continuent de se maintenir au pouvoir empêchant ainsi l’alternance démocratique.
b- Servir de garde-fous pour empêcher le dévoiement de la démocratie par le parti d’opposition, la coalition de partis d’opposition ou le candidat indépendant, qui parviendraient à prendre le pouvoir.

III- Les participants à la rencontre se sont ensuite mis d’accord sur les tâches urgentes suivantes à accomplir :

1- Diffuser les idées du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) au sein de la population, au sein des organisations citoyennes au Togo et dans la diaspora afin de les encourager à intégrer le Mouvement.

2- Chercher les ressources nécessaires à la mise en œuvre et à la réalisation du plan d’action du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO).

IV- Estimant que, par ses objectifs et par ses modalités spécifiques d’action, le Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) offre une perspective nouvelle pour réaliser les aspirations de la population à la démocratie et améliorer les conditions de vie de l’immense majorité des togolais, les participants à la rencontre des 27-29 février 2009 appellent tous ceux qui veulent le changement démocratique à s’engager massivement pour la construction et le bon fonctionnement du Mouvement.

RÉSOLUTION :

Compte tenu de toutes les considérations énumérées plus haut, les participants à la rencontre de Paris ont pris la résolution ferme de rendre effective la convocation du Congrès Constitutif du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO), en tant que mouvement rassembleur incontournable, qui prône :

1- l'organisation et la structuration du peuple togolais pour la conquête et la défense de ses droits à la pratique démocratique,

2- le retour des valeurs républicaines que garantissait la Constitution de 1992, votée par Référendum,

3- un élan nouveau pour la création d'une société togolaise unie, harmonieuse, et prospère tournée vers le progrès.

Fait à Paris, le 29 Février 2009


Joel .K.AMOVIN

 
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