CDPA-BT : COMMUNIQUE DE PRESSE
SUR LES LEGISLATIVES EN VUE
On a fait beaucoup de bruits autour des élections ces temps-ci : grande publicité de la CENI à l’occasion de la simulation du recensement électoral pour « rassurer la population » ; montée aux créneaux d’Agboyibo dénonçant les préfets et chefs traditionnels « qui intimident la population » ; intervention vigoureuse de Faure Gnassingbe sur la lenteur du processus électoral… Et tout cela dans un climat politique surexcité par les 9 milliards de francs octroyés par l’UE pour l’organisation du scrutin.
Tous ceux qui espèrent quelque chose des élections manifestent donc. Certains d’entre eux manifestent des regrets parce que le scrutin n’a pas eu lieu le 24 juin ; d’autres dénoncent le report sur le 5 août ; la plupart émettent des doutes sur la possibilité qu’il se tienne à cette nouvelle date ; d’autres enfin dénoncent déjà les irrégularités en cours de préparation : modalités du choix des magistrats devant présider les CELI ; réduction inattendue du temps prévu pour les réclamations sur les listes électorales ; nomination des membres de la Cour constitutionnelle…
Toute la vie politique est ainsi polarisée sur les élections comme si la population n’a pas d’autres problèmes, et comme si l’on a peur qu’elle refuse d’aller aux urnes. En se polarisant ainsi sur les dates, les délais, les préfets, les nominations…, on détourne en fait l’attention des Togolais des vrais problèmes de ce scrutin. Ces problèmes sont en effet de deux ordres :
1- On organise ces élections, non pas pour que les Togolais soient heureux au lendemain du vote comme certains le laissent entendre, mais juste pour légitimer le pouvoir de Faure-RPT et normaliser la situation politique créée au lendemain des élections du 24 avril 2005.
2- Les dispositions politiques de l’Accord politique global (APG) et le mode de scrutin retenu dans l’APG sont tels que la composition de l’Assemblée qui sera issue des urnes ne permettra pas aux partis qui se disent encore de l’Opposition de provoquer les changements indispensables à l’alternance au pouvoir et à l’instauration de la démocratie dans le pays.
La CDPA-BT attire l’attention de ses membres, de ses sympathisants et de toute la population sur un fait grave pour l’avenir du pays : On nous appelle aux urnes pour consolider ce que les Togolais ont massivement rejeté au lendemain de la mort d’Eyadema et des tragiques présidentielles qui ont suivi le 24 avril 2005, et pour remettre définitivement le destin du pays entre les mains des hommes du RPT.
Qui veut donc prendre la responsabilité de cautionner un tel fait ?
Lomé, le 24 Juin 2007
Pour la CDPA-BT
Mr A. TOSSOU
Secrétaire à l’organisation
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